Road King Special

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Sa Majesté le Road King est disponible depuis quelques semaines dans une déclinaison bagger qui lui sied à merveille.

Après avoir vu les photos de lancement de ce nouvelle modèle de la gamme Touring de Harley-Davidson, après avoir eu le privilège de m'asseoir sur un modèle en livrée Charcoal Denim chez le concessionnaire de Tucson, Arizona, j'avais hâte d'essayer ce Road King Special dont la plastique m'interpellait. Harley-Davidson France m'octroyait cette possibilité lors d'une visite au siège, à Créteil. Je délaissais alors volontiers la machine avec laquelle je m'y étais rendu pour prendre les commandes du Road King Special de presse qui se présente sous une robe Vivid Black du plus bel effet.

Ce que fit Harley-Davidson est simple : prendre le Road King, déjà éprouvé en 2017 avec son nouveau moteur Milwaukee-Eight 107, le délester de tous ce qui n'est pas absolument nécessaire, dont le pare-brise, et y ajouter un style qui procure un aspect beaucoup plus musclé : sacoches allongées, garde boue arrière épuré, grand guidon de type mini-ape de 9 pouce, et revêtement noir de toutes les pièces chromées du Road King.

Pour qui a commencé son expérience Harley-Davidson avec un Road King, le retrouver après plusieurs années passées sur des Electra Glide, est comme s'offrir un pont entre le passé et le présent. Retrouver le chassis Touring équilibré qui permet toutes les facéties avec une motorisation moderne et un comportement dynamique d'actualité sans aucun poids sur la direction. Une alchimie des plaisirs.

Le moteur, parlons-en du moteur. Soyeux est le mot qui me vient immédiatement à l'esprit. Un moteur qui grâce à ses quatre soupapes par cylindre offre une élasticité que les productions précédentes de la marque de Milwaukee ne possèdaient pas. On aime ou on n'aime pas le progrès mais force est de constater que ce nouveau moteur offre une utilisation bien détendue avec cette élasticité, cette allonge et cette puissance propres aux quatre soupapes par cylindre mais aussi à la cylindrée conséquente, 107 cubic inch soit 1745 cm3.

On en oublie très vite la boite de vitesses qui elle aussi participe du soyeux du Road King Special, tant le passage de vitesses est doux, quand bien même vous éprouveriez le besoin de changer de vitesse ... La plupart du temps, sur un filet de gaz, vous maitrisez à la poignée des gaz cette machinerie au cubage conséquent, variant votre vitesse au gré de la circulation et de vos envies.

Et quand la route se dégage, vous tournez la poignée en grand et vous vous retrouvez très rapidement à une vitesse que le code de la route et la morale réprouvent. Mais, bien avant que ces derniers ne vous rappellent à l'ordre, c'est la pression du vent sur votre buste et votre casque qui vous enjoignent de relâcher la poignée ... ou de continuer à vous muscler les biceps et les cervicales. L'absence de pare brise se fait cruellement sentir, un regard vers le catalogue accessoires du constructeur saura y remédier très rapidement.

Emporté à vive allure, vous vous retrouvez à essayer les freins au mordant et à la stabilité impeccables. Et vous vous dites que le progrès a bien du bon. Harley-Davidson s'est occupé de votre sécurité avec des freins Brembo de première qualité et des suspensions avant et arrière revues et améliorées pour cette version du Road King.

Mais foin des lignes droites vite monotones, direction les départementales bien viroleuses dont la France regorge pour tester plus avant suspensions et freinage. Là, vous retrouvez les sensations propres au chassis Touring. Les courbes, grandes ou resserrées, se négocient sans effort. Une mention particulière aux courbes resserrées où la roue avant de 19 pouces, empruntée à la Street Glide Special, offre un surcroit de maniabilité. Je dois vous confesser que j'ai pris un pied immense à emmener ce Road King Special sur les routes de la vallée de Chevreuse que j'écume depuis de nombreuses années.

Retour en traversant Paris pour tester les capacités de cette machine en conduite urbaine. Ses 372 kg en ordre de marche ne se ressentent pas tant l'équilibre du chassis fait ici encore des merveilles. Bien aidé que vous êtes avec le guidon mini-ape qui autorise une conduite reposée et des manoeuvres aux petits oignons.

Un arrêt photos sur le pont Bir Hakeim où trois photographes en balade photo dans Paris s'invitent à shooter la belle sous toutes les coutures, attirés par son esthétique et ses détails bien fignolés comme les sacoches allongées parées d'une plaque de protection en métal, la nacelle de phare ou son 'cul' de bagger remarquable. L'un d'eux, Yoan Malka nous fait même l'honneur de partager ses photos pour illustrer magnifiquement cet article. Un grand merci à lui !

Quand vient l'heure de retourner à Créteil pour rendre ce Road King Special, j'apprends avoir été la quatrième personne à l'avoir conduit après deux employés de Harley-Davidson France et un journaliste de Paris Match. J'apprécie cet honneur avec la nostalgie de celui qui doit dire au revoir à celle avec qui il a partagé comme une lune de miel. Cette machine est tout simplement époustouflante !

Et un second photographe, Matthieu Germain, jouant avec les reflets des monuments environnants sur la carrosserie de cette machine, nous proposait quelques jours plus tard deux de ses photos...

Crédit photos Yoan Malka et Matthieu Germain