Balade en Autriche : un trésor sous la neige

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Incroyable, la petite station autrichienne de Hochgurgl cache un musée de la moto !

Incredible, the austrian ski station hides a motorcycle museum !

La motivation parfois fait sacrément défaut. Surtout quand il neige et qu’il vente, même pour faire du ski. C’est ce que je me suis dit ce jour-là, perché à près de 2 200 m d’altitude à Hochgurgl, dans le Tyrol Autrichien. Qu’à ne cela tienne, j’ai aperçu au pied des télésièges un petit musée de la moto. Autant rester au chaud, même si la visite risque d’être courte. Un musée de la moto ici, paumé ? Il ne faut pas s'attendre à des miracles. Et pourtant... Surprise ! Me voilà dans l’antre d’une des plus belles expositions de motos anciennes et d’exception que j’ai jamais vues. Difficile même de savoir par où commencer. La tête me tourne, je vois des étoiles partout ! En me renseignant auprès d’un des guides, j’apprends que pas moins de 230 modèles de près de 100 constructeurs différents sont exposés ici sur 3 000 m2. Et en découvrant certains d’entre eux, rares et dans un état frisant l’exceptionnel, j’imagine que certains constructeurs pourraient rager de ne pas les avoir dans leur musée de marque.

Sometimes, motivation isn't there. Especially when it's snowing and winding, even for skiing. That's what I said to myself that day, perched at an altitude of about 2 200 meters in Hochgurgl, in the austrian Tyrol. No matter, I saw a small motorcycle museum at the foot of the chairlifts. A good opportunitie to stay warm, even if the visit is short. A motorcycle museum here, in this lost place ? You should not expect miracles. And yet ... Surprise ! Here is one of the most beautiful exhibitions of old and exceptional motorcycles I have ever seen. Difficult even to know where to start. My head turning, I see stars everywhere ! One of the guides learned me that no fewer than 230 models from nearly 100 different manufacturers are displayed here on 3 000 m2. And by discovering some of them, rare and in a exceptionnal state, I imagine that some manufacturers could rage not to have them in their mark museum.

Le musée regorge de motos mythiques. La première moto du monde...

The museum is full of mythical motorbikes. The first motorbike of the world...

Le premier scooter...

The first scooter...

Ou encore une Guzzi de 1937 !

Or a 1937 Guzzi !

Ici une réplique de la première moto du monde, une Hildebrand & Wolfmüller de 1894, cubant 1 488 cm3 et développant… 2,5 ch ! Un monument ! Il y a des machines de compétition, des modèles ancestraux et même des bécanes militaires aux technologies étonnantes. Cela passe par une Magola de 1921 au moteur en étoile placé dans la roue avant, à une Moto Guzzi Type S de 1937,  une splendide Indian 750 de 1959, une Munch Mammut de 1966 et autres Ariel, Vincent, Norton, Mercury, Velocette et même des ancêtres de Ducati, Honda, Yamaha… Sans oublier de superbes modèles attelés comme une BMW R69 de 1958. Whaou, pincez-moi !

Here is a replica of the world's first motorbike, a Hildebrand & Wolfmüller of 1894, 1 488 cc and... 2.5 hp ! A legend ! There are competition machines, ancestral models and even military bikes with amazing technologies. This includes a Magola from 1921 with a star-engine placed in the front wheel, a Moto Guzzi Type S from 1937, a splendid Indian 750 from 1959, a Munch Mammut from 1966 and other Ariel, Vincent, Norton, Mercury, Velocette and Even the ancestors of Ducati, Honda, Yamaha ... Not to mention superb models harnessed like this BMW R69 of 1958. Whaou, pinch me !

La Brough Superior SS80 attire le regard.

The SS80 Brough Superior attracts attention.

Mais la SS100 fut était tout simplement magique.

But the SS100 was simply magical.

Mais plus que toute autre machine, mon œil est absorbé par les Brough Superior, les Rolls Royce de la moto. A côté de la toute première moto de la marque, la SS80, trône la magique SS100 lancée en 1925. 100 parce que son fondateur George Brough garantissait à l’époque, par certificat, que chaque machine avait atteint une vitesse de 100 mph (plus de 160 km/h), sur une distance d'un quart de mile (plus de 400 m) lors des tests de sortie d’usine. Une révolution pour l’époque. Cette Super Sports 100 et son bicylindre JAP de 998 cm3 de 45 ch se sont révélés d’une fiabilité exemplaire. D’ailleurs, le célèbre héros anglais Lawrence D’Arabie se plaisait à les user : avec ses huit Brough Superior, il aurait parcouru près de 500 000 km en 11 années, avant de perdre la vie au guidon d’une SS100 en 1935.

But more than any other machine, my eye is absorbed by the Brough Superior, the Rolls Royce of the bike. Next to the brand's first motorcycle, the SS80, throne the magical SS100 launched in 1925. 100 because its founder George Brough guaranteed at the time, by certificate, that each machine had reached a speed of 100 mph over a distance of a quarter of a mile during technical tests. A revolution for this time. This Super Sports 100 and its JAP 998 cc twin with 45 hp have proved to be reliable. Indeed, the famous English hero Lawrence D'Arabie liked to use them : with his eight Brough Superior, he would have traveled nearly 500 000 km in 11 years, before losing his life on the handlebars of an SS100 in 1935.

Depuis 2008, Brough Superior existe à nouveau, et ça ressemble à ça. Sublime !

Since 2008, Brough Superior exists again, and it looks like that. Sublime !

Plus de 3 000 machines sont sortis des ateliers anglais avant que la marque s’éteigne à l’aube de la seconde guerre mondiale.  Et un petit millier existerait encore, preuve de la solidité de ces bêtes. Mais de là à s’en offrir une… Les Brough Superior sont devenus les reines des enchères avec des montants dépassant les normes, comme une SS100 de 1939 tombé au marteau à 339 290 euros à Sparkford en 2010 ou encore une 750 BS4 adjugée 430 850 euros en 2016. Bon, ne rêvons pas trop ! Enfin si : ces machines So British ont retrouvé une âme aujourd’hui grâce à Mark Upham, un Anglais qui a racheté la marque en 2008 pour la relancer. Et il a fait appel à Boxer Design, un bureau d’étude toulousain dirigé par Thierry Henriette. Les nouvelles Brough Superior sont désormais fabriquées dans le sud-ouest de la France, à Saint-Jean, mais l’ADN est préservé : forme fuselée, réservoir à la forme spécifique et moteur bicylindre en V. Toutefois, elles ont gagné en techno et se montrent bien sûr plus performante (100 à 140 ch). Elles demeurent tout aussi belles que leurs ancêtres oh combien iconique ! Car même à 60 000 euros le bout, le carnet de commande est déjà plein. Au programme, 300 modèles numérotés cette année et plus de 700 commandes encore à honorer. Finalement, je ferai peut-être mieux d'aller skier...

More than 3,000 machines came out of the English workshops before the brand was extinguished at the dawn of the Second World War. And a small thousand would still exist, proof of the solidity of these beasts. But Brough Superior have become the queens of auctions with prices exceeding standards, such as a SS100 of 1939 "felt under the hammer" at 339 290 euros in Sparkford in 2010 or a 750 BS4 awarded 430 850 euros in 2016. Well, don't dream too much ! Last but not least : these "so british" machines have found a soul today thanks to Mark Upham, an Englishman who bought the brand in 2008 to revive it. And he appealed to Boxer Design, a Toulouse-based research office headed by Thierry Henriette. The new Brough Superior are now manufactured in southwestern France, in Saint-Jean, but the DNA is preserved : tapered form, reservoir with specific shape and V-twin engine. However, they have gained in techno and are of course more efficient (100 to 140 hp). They remain just as beautiful as their ancestors oh how iconic ! Because even at 60 000 euros the exemplary, the order book is already full. On the program, 300 numbered models this year and more than 700 orders still to be honored. Maybe someday. May be should I better go skiing...

La BS SS100 d'aujourd'hui est une oeuvre d'art...

The actual SS100 BS is a work of art.

Cet article a été rédigé par Xavier Haertelmeyer.