Quand Peugeot gravit Pikes Peak

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« Putain, c’était quoi ce truc de malade ??? » C’est à peu de choses près le cri que j’ai poussé avec enthousiasme à la fin du visionnage de ce fantastique film de Jean-Louis Mourey. C’était en 1990, je n’avais pas 15 ans, et encore moins le permis B qui pourtant déjà me faisait fantasmer. Comment ne pas être époustouflé par ce spectacle haletant, vertigineux, et même parfois carrément flippant ! Le décor ? Le mont Pikes Peak, aux Etats-Unis. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, tous les ans depuis 1916 y a lieu la plus spectaculaire course de côte du monde. Allez, quelques chiffres : un tracé de près de 20 kilomètres, 156 virages, mais surtout un dénivelé de 1 440 mètres !  Autrement dit, entre le départ à 2 865 m et l’arrivée perchée à 4 305, les moteurs perdent plus de la moitié de leur puissance à cause du manque d'oxygène. Comme ça ne suffisait pas, ajoutez à cela un revêtement passant du bitume à la terre sans crier gare, et un précipice à fleur de trajectoire, sans garde-fou. Ouais, enfin, les fous, ce sont surtout ceux qui osent s’inscrire à cette compétition, non ?

"What was that fucking thing ??? It was almost the cry that I pushed with enthusiasm at the end of the viewing of this fantastic film by Jean-Louis Mourey. It was in 1990, I was not 15 years old, let alone the license B which already made me fantasize. How not to be blown away by this spectacle panting, vertiginous, and even sometimes downright scary ! The decor ? Mount Pikes Peak, USA. For those who do not know it yet, every year since 1916 there is the most spectacular race of coast of the world. Go ahead, a few figures : a route of nearly 20 kilometers, 156 bends, but especially a drop of 1 440 meters ! In other words, between the start at 2 865 m and the perched arrival at 4 305, the engines lose more than half their power because of the oxygenless atmosphere. As it was not enough, add to this a coating passing from the bitumen to the ground without warning, and a precipice to the flower of trajectory, without railings. Yeah, the crazy ones, it's especially those who dare to register for this competition, right ?

Avec son aileron surdimensionné, la 405 T16 Pikes Peak ne ressemblait à aucune autre voiture de course. With its oversized aileron, the 405 T16 Pikes Peak did not look like any other racing car.

Dans ce film, nous sommes embarqués avec Ari Vatanen. Ou plutôt devrais-je dire « Monsieur » Ari Vatanen ! A l'époque, Champion du Monde des Rallye en 1981 avec Ford, et vainqueur du Paris-Dakar en 1987 avec Peugeot. Fort de ce joli (et tout frais) palmarès, il s’attaque à l’olympe automobile en 1988. Mais pas avec n’importe quelle voiture, non. Fini la virevoltante Peugeot 205 Turbo 16 des années précédentes, il est temps d’écrire les premières pages de l’histoire d’un autre monument de Sochaux : la 405 Turbo 16. Sous le capot (arrière), un gros turbo Garrett suralimente un petit 4 cylindre 1.9. Puissance ? Hmm… 200 ch ? C’est plus. … 300 ? Encore plus… 400 ?? Beaucoup plus : 660 très exactement !!! A l’époque, c’est juste énooorme ! Et pour parfaire la fiche technique, 4 roues motrices et directrices, transmission intégrale, et à peine 950 kg sur la balance. J’en ai toujours des frissons.

In this film, we are embarked with Ari Vatanen. Or rather should I say "Sir" Ari Vatanen ! At the time, World Champion of the Rally in 1981 with Ford, and winner of the Paris-Dakar in 1987 with Peugeot. Strong of this pretty (and quite fresh) palmares, it tackles the automobile Olympus in 1988. But not with any car, no. Gone are the twisting Peugeot 205 Turbo 16 from previous years, it's time to write the first pages of the history of another Sochaux monument : the 405 Turbo 16. Under the hood (rear), a large Turbo Garrett supercharged a Small 4 cylinder 1.9. Power ? Hmm ... 200 hp ? It is more. ... 300 ? Even more ... 400 ?? Much more : 660 very exactly !!! At the time, it's just enooorme ! And to perfect the technical sheet, 4-wheel drive and steering, all-wheel drive, and barely 950 kg on the scale. I still have chills.

Un autre Finlandais, Juha Kankkunen, était également à Pikes Peak, la même année, sur une autre 405 T16. Another Finn, Juha Kankkunen, was also at Pikes Peak the same year on another 405 T16.

Mais pas autant qu’en prenant place à côté d’Ari Vatanen, en immersion totale, flirtant avec le précipice en glisse des 4 roues à fond de 6, à plus de 200 km/h, en contre-braquant d’une main et en jouant du pare-soleil de l’autre (si si, allez directement à 3’27’’). Wouah, quelle démonstration de pilotage ! Le Finlandais est imperturbable alors que moi, près de 30 ans plus tard, toujours devant mon écran, je stresse et mon cœur s’emballe. Cette année-là, Ari Vatanen est devenu mon héros, non seulement en remportant la course (avouez-le, ça claque dans un palmarès !), mais aussi en pétant le record de l’épreuve. 10 minutes 47 secondes et 22 centièmes ! Record souvent battu depuis, et notamment par un certain Sébastien Loeb, en 2013. Avec Peugeot, tiens ! 8 minutes 13 secondes et 88 centièmes. C’est fort, c’est sûr, et je suis admiratif de cette performance, mais je n’ai pas vécu cette belle épopée comme celle d’Ari. Lui, il m’a marqué à vie.

But not as much as taking place next to Ari Vatanen, in total immersion, flirting with the precipice gliding of the 4 wheels at bottom of 6, over 200 km/h, counter-steering with one hand and by playing the visor of the other (go directly to 3'27 ''). Wow, what a driving demonstration ! The Finn is unruffled while, almost 30 years later, always in front of my screen, I stress and my heart races. That year, Ari Vatanen became my hero, not only by winning the race (admit it, it slams into a record !), But also by breaking the record of the event. 10 minutes 47 seconds and 22 hundredths ! Record often beaten since, and especially by a certain Sébastien Loeb, in 2013. With Peugeot, please ! 8 minutes 13 seconds and 88 hundredths. It is strong, for sure, and I am admiring this performance, but I did not live this beautiful epic as Ari's. He marked me for life.

En 1988, Peugeot empoche les 2 premières places de l'épreuve, et le record de l'ascension avec le vainqueur, Ari Vatanen ! In 1988, Peugeot pocketed the first 2 places of the event, and the record of the climb with the winner, Ari Vatanen !

Cet article a été rédigé par Jérôme Barconnière