Ford, de la GT40 à la GT

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Je suis né bien après la sortie de la Ford GT40, 11 ans plus tard pour être précis. Pourtant, j’ai grandi en fantasmant de pouvoir un jour la conduire. Quelle ligne ! On dirait une soucoupe volante. Un profil d’autant plus marquant lorsqu’on se replace dans le contexte de l’époque, en 1964. Qu’y-avait-t-il alors sur nos routes ? Des Peugeot 404, Citroën Ami 6, Simca 1000… J’ai beaucoup d’affection pour ces modèles, mais à côté, quand même, quelle claque la GT40 ! Et l’histoire de sa genèse, parlons-en. Une querelle d’égo, un combat de coq… Comme quoi, même les plus viles passions peuvent être à l’origine de chefs-d’œuvre.

I was born well after the release of the Ford GT40, 11 years later to be precise. Yet I grew up fantasizing of being able to drive it one day. Which line ! It looks like a spaceship. A profile all the more striking when we look back at the context of the time, in 1964. What was there then on our roads ? Peugeot 404, Citroën Ami 6, Simca 1000 ... I have a lot of affection for these models, but besides, anyway, what a slap the GT40 ! And the history of its genesis, let's talk about it. A quarrel of ego, a cock-fight ... Like what, even the vilest passions can be at the origin of masterpieces.

La Ford GT40 s'appelle ainsi car elle ne fait que 40 pouces de haut, c'est à peine plus d'1 mètre. The Ford GT40 is so called because it is only 40 inches high, it's just over 1 meter.

Nous sommes au début des années 60. Henry Ford II, petit-fils du fondateur Henry Ford, vient de prendre les rênes de l’entreprise familiale et ambitionne de gagner la plus prestigieuse des courses automobiles au monde : les 24H du Mans. Dans le même temps, Ferrari connaît une passe financière délicate. Ford y voit une fantastique opportunité en vue d’assouvir ses ambitions de gloire et entre alors en négociation avec Ferrari en vue d’un rachat. Après moult audits, l’acquisition  semble promise à l’américain. Mais au dernier moment, Enzo Ferrari fait capoter la vente en raison d’une petite clause dans son contrat. Bien que conservant la direction du secteur compétition de Ferrari, il lui aurait alors été interdit de courir les 500 Miles d’Indianapolis. Inacceptable pour "El Commandatore" !

We are in the early 1960's. Henry Ford II, small-son of founder Henri Ford, has just taken over the family business and aspires to win the most prestigious car racing in the world : the 24 Hours of Le Mans. At the same time, Ferrari knows a delicate financial pass. Ford sees a fantastic opportunity to satisfy his ambitions of glory and then enters into negotiations with Ferrari for a sale. After many audits, the acquisition seems promised to the American. But at the last moment, Enzo Ferrari caused the sale to collapse due to a small clause in his contract. Although retaining the leadership of the Ferrari racing sector, he would then have been banned from running the 500-miles Indianapolis. Unacceptable for "El Commandatore" !

Henry Ford II, à gauche, et Enzo Ferrari, à droite, vont se livrer bataille... sur circuit. Henry Ford II, on the left, and Enzo Ferrari, on the right, are going to battle ... on racetrack.

                                                                                              

Henry Ford II est fou de rage et prépare sa réplique. Son objectif désormais : battre Ferrari à son propre jeu, là où il est le meilleur, c’est-à-dire en course. Jamais sans doute dans l’histoire, une supercar n’aura autant coûté. Plusieurs millions de dollars, au bas mot, mais rien n’est trop cher pour laver l’affront italien. La GT40 voit ainsi le jour en 1964. Mais maintenant, il faut absolument gagner sur le circuit de la Sarthe. Et c’est ce qu’elle réussira, à 4 reprises, de 1966 à 1969. C’est une démonstration de force, une revanche magnifique, une histoire comme seul le cinéma sait habituellement en faire, et qui explique l’aura de cette auto fantastique bien au-delà de sa ligne extraordinaire.

Henry Ford II is mad with rage and prepares his reply. His goal now is to beat Ferrari to his own game, where he is the best, that is to say in the race. No doubt, in history, a supercar will have cost as much. Several million dollars, at the bottom, but nothing is too expensive to wash the Italian affront. The GT40 is born in 1964. But now, it is absolutely necessary to win on the circuit of the Sarthe. And this is what she succeeded on four occasions, from 1966 to 1969. It is a demonstration of strength, a magnificent revenge, a history as only the cinema usually knows how to make, and which explains the aura of this Car fantastic far beyond its extraordinary line.

Avec 4 victoires de d'affilée aux 24H du Mans, la Ford GT40 fait partie des légendes de l'épreuve. With 4 wins in a row at the 24 Hours of Le Mans, the Ford GT40 is part of the legends of the event.

Moins de 130 exemplaires destinés à la route seront construits et puis… plus rien. Du moins jusqu’au milieu des années 2 000, où 4 000 exemplaires d’une nouvelle supercar, baptisée GT, seront vendus entre 2005 et 2006. Mais l’aventure est un échec, puisque Ford envisageait d’en écouler au moins 4 500. La GT était-elle vouée à l’oubli ? Oui… pendant 10 ans, jusqu’en 2015 et la présentation de la nouvelle GT au salon américain de Detroit. Et là encore, quelle claque. Le pouvoir de séduction est intact, la belle semble inaccessible, et Ford en joue.

Less than 130 copies destined for the road will be built and then ... nothing. At least until the mid-2000s, when 4,000 copies of a new supercar, called GT, will be sold between 2005 and 2006. But the adventure is a failure, since Ford was planning to sell at least 4,500 Was the WG destined for oblivion? Yes ... for 10 years, until 2015 and the presentation of the new GT at the American show in Detroit. And again, what a slap. The power of seduction is intact, the beautiful seems inaccessible, and Ford plays.

La Ford GT de 2005 fut un échec. The 2005 Ford GT was a failure.

Les 1 000 exemplaires de la nouvelle Ford GT ont déjà tous été vendus... avant sa commercialisation. The 1 000 units of the new Ford GT have all been sold ... before its launch.

Jusqu’à aujourd’hui, impossible d’en savoir plus sur ce joyau. Mais jusqu’à aujourd’hui seulement. Allez, premières infos croustillantes. Sous ce capot arrière ? On retrouve un « petit » V6 Ecoboost 3.5. Ouais, bof, pas de quoi sauter au plafond. Et puis surtout, où sont passés les 8 cylindres en V de la GT40 des années 60 ??? Attendez de connaitre sa puissance : 647 chevaux. Là, ça parle, non ? Et sa vitesse de pointe : 347 km/h. Waouh ! Il ne s’agit ni plus ni moins que de la Ford la plus puissante et la plus rapide de l’histoire du constructeur US. En plus d’être belle,  elle risque donc d’être ultra-performante… à l’image d’une rivale toute désignée. Tiens, tiens, la Ferrari 488 GTB ! Le match est annoncé l’année prochaine avec la livraison du premier des 1 000 exemplaires à 400 000 euros l’unité. Nul doute qu’Henri et Enzo regarde ça de près… de là-haut.

Ce texte a été rédigé par Jérôme Barconnière