Simca 1000

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Comment ne pas penser aux Chevaliers du Fiel quand on évoque la Simca 1000... Plus sérieusement, après le Darmont, j'ai posé mes fesses dans une Simca 1000, célèbre voiture populaire et de rallye, vendue à près de 2 millions d'exemplaires. Réelle combattante dotée, dans sa version populaire, d'une quarantaine de chevaux pour seulement 720 kg, elle en a amusé plus d'un, mais aussi effrayé plus d'un !

Moteur à l'arrière, propulsion, l'esprit caisse à savon apparait de suite si l'avant n'est pas rempli de sacs de sable ! Un chassis fragile, 2 sièges, une caisse d'un rouge bordeaux irréprochable, un moteur pas plus gros qu'une machine à coudre : voilà la Simca 1000. Voyons donc ce que cette ancienne a dans le ventre...

Le plein effectué, nous nous lançons mollement, mon compère et moi, à l'attaque du Géant de Provence. Les premiers kilomètres se font à la vitesse d'un ivrogne boiteux en fin de soirée... La voiture froide, ratatouille, hésite, rouspette, la noyade des bougies nous guette. Une fois chaude, les pistons sont fin prêts pour grimper le Mont Ventoux.

La traversé de la plaine du Plan de Dieu se fait à près de 100 km/h, le mistral nous ballotte de droite à gauche dans un mouvement de va et vient perpétuel. Fini de rouler à toute blinde (toute proportion gardée), les premiers virages en côte freinent brutalement notre élan et notre enthousiasme initial.

50, puis 40, enfin 30 km/h dans les pentes à 12%, histoire d'atteindre une vitesse de croisière qui ménage notre monture. Virolos après virolos, elle grimpe avec fougue, jusqu'au moment de la pause, pour laisser refroidir le petit 1100 cm3.

Une pause, on casse la graine, et on repart. Plus que 3 km avant la ligne d'arrivée au Mont Serein (étape avant le sommet), en seconde le moteur en sous régime ne parvient plus à prendre le dessus face à la côte. Dans un dernier souffle, elle cale. La raison nous revient et la peur de la casse moteur nous pousse à rebrousser chemin.

Ce premier incident passé, le plus dur reste à faire : redescendre en un seul morceau, sans y laisser les freins. La courbe de la vitesse s'inverse, celle de la température moteur aussi, tandis que celle des pauvres freins à tambours grimpe en flèche. Le pilote n'en mène pas large: 'Putain, avec le coffre vide à l'avant on va finir tout droit !'

La descente se fait, bon gré mal gré, le frein moteur économise comme il peut les garnitures bouillantes, le moteur bouffe de l'huile, un nuage de fumée s'élève dans le rétro. Nous sortons de cette descente périlleuse, la Simca entière, et nos pantalons mouillés.

De retour gentiment à la maison, jamais en dessous du rupteur :-) un détour s'impose par les vignes pour lui tirer le portrait. Les couleurs de l'automne, bercées par le soleil, viennent combler le paysage pour le plus grand plaisir des yeux.

Au final il nous reste la sensation d'un essai en demie teinte, entaché par le fait que nous n'ayons pas pu monter jusqu'au Mont Serein (3 km avant le sommet du Ventoux) qui m'aurait permis de profiter du paysage à vitesse raisonnable cette fois-ci ! Cette Simca nous aura en tout cas prouvé que les anciennes ont encore de l'énergie et de l'expérience à revendre. Et c'est très bien ainsi !

Crédit texte:  Julien Esclangon et Paul Griveaux

Crédit photos: Paul Griveaux