Jivaro

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La scène se passe dans la ville d'Ussel, Corrèze, un dimanche de mai. Partis la veille de Barcelone, nous remontons vers Paris par les départementales. La météo est mauvaise, il pleut sans cesse. Qu'importe, les routes sont belles, les pneus ont du grip, les Electra marchent à merveille et les protections pluie sont efficaces. A l'heure du déjeuner, nous pointons à Ussel avec la ferme intention de profiter de la pause pour reprendre quelques forces, chaleur, repas et café.

Le seul restaurant ouvert ou accessible, au choix, est un kebab dans une rue contournant la ville. Passant devant, nous apercevons une Vincent 500 cm3 garée sur la gauche de la chaussée. Tiens, l'endroit où s'arrêter, des amateurs de qualité y sont sûrement déjà. Une Vincent est un engin rare sur nos routes, alors une 500 cm3 monocylindre dont le moteur ressemble à celui de la 1000 bicylindre qu'on aurait coupé en deux, plus encore. La machine est dans un bel état. Pas l'état concours qui interdit toute utilisation mais dans un état de fonctionnement parfait avec les signe d'une utilisation normale. Un peu comme votre machine sauf que celle-ci date de la fin des années 40. Séduction immédiate.

Entrée dans le resto, Daniel et Maryse sont attablés, nous nous saluons. Commande à la caisse d'un kebab-frite-boisson dont la valeur gustative n'a d'égal que le silence respectueux que nous lui accorderons, installation à proximité de Daniel et Maryse. Rapidement, Daniel entame la discut'. Ça marche bien les Electra? D'où arrivez-vous? Où allez-vous? Eh bien, vous n'êtes pas rendus... On en vient rapidement à la Vincent garée dehors. Daniel et Maryse reviennent d'une balade de week-end. On engage la conversation sur cette 500 cm3 monocylindre, les réponses de Daniel nous laissent à penser que nous avons affaire à un spécialiste de l'anglaise. Nous parlons aussi Véloce' et BSA. Je parle de la Moto Guzzi V50 familiale 'vieille de 35 ans seulement'. Comme une communion entre passionnés de moto, la pratique, les voyages, les rencontres, la mécanique. Nous passons un moment agréable. Bonheur!

Il pleut toujours quand Daniel et Maryse se remettent en route. Les combinaisons de pluie sont vite enfilées, la Vincent démarrée, le son du mono résonne contre les murs des maisons de la ville. Ils montent en selle, nous saluent et partent dans la douce mélodie du mono.

Depuis lors, Daniel, patron de Auvergne Motos Classiques, a agrandi son atelier et accueilli photographes et cinéastes. Tous vraisemblablement séduits comme nous par la sincérité du personnage. Thomas Caplain a réalisé un reportage photos dont nous avons tiré quelques photos ici. Jérémy Vergne et Julien Bruhat, de jeunes auvergnats patrons de la boîte de prod Carte Blanche Créations, ont réalisé ce film dans lequel Daniel apparaît tel qu'il est. Le film dure 13', prenez le temps de le regarder, de le vivre, de l'apprécier, de le revoir même. Vous ne risquez rien d'autre que du plaisir et une furieuse envie de vous arrêter à Isserteaux lors de votre prochain voyage en Auvergne.

Cet article fut publié pour la première fois sur Virage8 le 18 mars 2015