Être digne

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Henri Loevenbruck a récemment partagé un billet d'humeur sur ce thème. Être digne est probablement le plus difficile à être dans le monde turbulent dans lequel nous vivons, partagés que nous sommes entre la survie et l'existence. Être digne, c'est se rappeler ce que nous disait notre grand-mère et l'appliquer au quotidien, la dignité est au plus profond de notre être. Être digne, c'est aussi se montrer digne des situations et des personnes que nous rencontrons, c'est voir le verre à moitié plein plutôt que sans cesse râler, se détacher d'un pan de la culture française qui nous est si chère par ailleurs. Chercher à être digne quelles que soient les circonstances est sûrement la meilleure des manières de le devenir. Apprécions cette route qui nous mène vers la dignité et laissons place au billet d'Henri qui l'exprime si admirablement...

Parfois, je suis au volant, et je vois mes concitoyens se queue-de-poissoner, se refus de prioritériser, se pousse-toi-que-je-m'y mettiser, se klaxonner, s'insulter, se forcer le passage comme des turbo-psychopathes en chaleur pour arriver le premier au putain de feu rouge, parfois j'ouvre mon ordinateur et je vois mes concitoyens dégueuler de haines diverses et variées sur leurs pages Facebook, s'insulter, se xénophobiser, se majusculer, se gros-bratiser, se rouler des turbo-mécaniques, et putain, putain, tout à coup, je revois la scène finale du Bûcher des vanités, cette putain d'adaptation du roman de Tom Wolfe par Brian de Palma, et j'entends la voix de Morgan Freeman dans ce dernier speech, et je voudrais que tout le monde l'entende et redescende un peu : "Let me tell you what justice is. Justice is man's feeble attempt to set down the principles of decency. Decency! And decency is not a deal. It isn't an angle, or a contract, or a hustle! Decency... decency is what your grandmother taught you. It's in your bones! Now you go home. Go home and be decent people. Be decent."
Être digne.
Et puis après je me réveille et je me souviens que je suis en France, et que les français ne sont pas seulement les héritiers des Lumières. Ils sont aussi – nous sommes – bien souvent, des fucking râleurs bien prompts à la haine. Les Lumières, chaque année, j'ai l'impression qu'elles s'éteignent un peu plus. Comme une vieille ampoule à tungstène en fin de parcours. Et alors je rêve de partir. Où ? Nulle part. Je rêve de partir, pas d'arriver. Je rêve de liberté.

Henri Loevenbruck